Questionner l’évidence, interroger ce qui en apparence est irréfutable, ce dont on n’ose douter. La photographie, éloignée des paradigmes de la représentation, dépouillée des discours sur sa tradition mimétique, non-réduite à l’idée d’une simple empreinte du réel, nous permet de partir à la recherche d’autres relations entre la chose photographiée et la photographie de la chose. Dès lors, se pose la question de la différence entre la perception de la photographie et la perception de l’objet réel, matériel. Ces travaux tentent de déconstruire cette différence à travers la création de dispositifs qui brouillent, effacent, éliminent ou parfois mettent en évidence la possibilité de condenser plusieurs dimensions en deux.

Ces objets font partie d’un projet fictif ayant pour but d’inventer la photographie.

 

Je suis parti sur l’idée de créer un dispositif qui nous permettrait de voir le monde en deux dimensions. D’enlever la troisième dimension des objets, pour ne plus faire la différence entre ce qui est représenté sur l’image et le monde réel.

 

Pour cela, j’inverse la question classique de la représentation dans l’image pour me poser la question suivante :

 

si la photographie ne représente pas la chose photographiée comment la chose peut-elle devenir une image photographique? 

La chose peut devenir image grâce à l’appareil photographique évidement. 

La question est une tautologie, une boucle conceptuelle. Mais que se passerait-il dans un monde où la photographie n’existerait pas?

 

La question devrait être reformulée (grâce à un trucage sémantique) : comment la chose pourrait-elle devenir bidimensionnelle?

 

En la dessinant pourrait-on dire. 

 

Mais le problème n’est pas tant un problème ontologique qu’un problème phénoménologique. Dans ce sens, en inventant la photographie, je cherche la pensée photographique dans toutes sortes d’objets sur lesquels j’interviens afin de révéler leur potentiel évocateur de la pensée photographique.